Verre d’eau, textile et contenant illustrant des sources possibles de microplastiques

Les microplastiques sont présents dans l’eau, l’air, les sols et de nombreux objets du quotidien. Des études en ont aussi détecté dans des échantillons humains. Cela suscite une question légitime : que sait-on réellement des microplastiques dans le corps humain, et que peut-on faire sans bouleverser ses habitudes ?

La recherche progresse, mais il faut distinguer trois choses : la présence de particules dans l’environnement, l’exposition d’une personne et un effet démontré sur sa santé. Ces étapes ne sont pas équivalentes. Voici les connaissances actuelles, les incertitudes et des gestes concrets pour limiter les expositions évitables.

Que sont les microplastiques et les nanoplastiques ?

Les microplastiques sont généralement définis comme des particules de plastique de moins de 5 millimètres. Certains sont fabriqués à petite taille pour des usages spécifiques. D’autres proviennent de l’usure ou de la fragmentation d’objets plus grands : emballages, pneus, textiles synthétiques ou autres matériaux plastiques.

Les nanoplastiques sont plus petits encore, mais leur limite de taille exacte varie selon les études et les méthodes. Cette différence compte : plus une particule est petite, plus son identification et sa mesure deviennent difficiles. Un résultat récent ne signifie donc pas forcément que l’eau ou l’air contiennent soudain davantage de plastique ; il peut aussi refléter un appareil capable de voir des particules auparavant invisibles aux méthodes utilisées.

La forme et la composition comptent également. Une fibre issue d’un tissu et un fragment provenant d’un emballage ne se comportent pas nécessairement de la même manière. C’est l’une des raisons pour lesquelles les résultats de plusieurs études ne s’additionnent pas simplement.

Fibres textiles synthétiques et fragments de plastique sur une surface neutre

Comment les microplastiques peuvent-ils entrer dans l’organisme ?

Par l’alimentation et l’eau

Des chercheurs étudient les particules présentes dans les aliments et les boissons, notamment l’eau potable. Les quantités mesurées varient selon les produits, les lieux de prélèvement, les seuils de détection et les précautions prises pour éviter une contamination des échantillons pendant l’analyse.

Avaler une particule constitue une exposition potentielle. Cela ne dit toutefois pas, à lui seul, quelle proportion reste dans l’organisme, pendant combien de temps ou avec quelles conséquences. La taille des particules et les méthodes de mesure influencent fortement les réponses possibles.

Par l’air et les poussières intérieures

L’usure des textiles synthétiques et d’autres matériaux peut libérer des fibres ou fragments dans l’air et la poussière. Une partie peut être inhalée. La présence de particules dans les tissus pulmonaires humains a été documentée, mais les niveaux d’exposition au quotidien et leurs effets à long terme restent à préciser.

Par contact avec la peau ?

Les particules peuvent toucher la peau via des produits ou l’environnement. La peau intacte constitue une barrière ; on ne peut pas conclure, à partir du seul contact, que des microplastiques traversent la peau et se retrouvent dans la circulation. Cette voie fait encore l’objet de recherches.Pour en savoir plus, lisez notre article sur les microplastiques dans l’eau, les aliments et l’air.

Microplastiques et santé : que montrent les études humaines ?

Dans une étude publiée en 2022, l’équipe de Leslie a analysé le sang de 22 adultes et détecté des polymères plastiques dans 17 échantillons. Une autre étude, menée par Jenner et ses collègues la même année, a identifié 39 microplastiques dans 11 des 13 échantillons de tissu pulmonaire analysés. Ces travaux montrent que certaines particules ou traces de polymères peuvent être mesurées dans des prélèvements humains avec les méthodes utilisées. Ils ne démontrent pas qu’elles ont provoqué une maladie chez ces personnes.

Les questions encore ouvertes portent notamment sur la dose réellement reçue, la taille et la nature des particules, leur durée de présence dans le corps et les effets possibles d’une exposition répétée. Les recherches doivent aussi limiter les contaminations lors du prélèvement et harmoniser leurs méthodes. Il serait donc excessif de transformer une détection en diagnostic individuel ou en promesse de prévention.

Eau du robinet ou eau en bouteille : que peut-on conclure ?

Verre d’eau du robinet à côté d’une bouteille d’eau sans marque

L’eau du robinet comme l’eau en bouteille peut contenir des particules plastiques. Une étude de Qian et de ses collègues, publiée en 2024, a examiné trois marques d’eau en bouteille avec une technique capable de repérer de très petites particules. Les chercheurs ont estimé en moyenne environ 240 000 particules de microplastiques et de nanoplastiques par litre dans les échantillons étudiés, dont environ 90 % de nanoplastiques. Ce total était 10 à 100 fois supérieur aux estimations antérieures, principalement parce que la nouvelle méthode détectait des tailles que les méthodes précédentes saisissaient mal. Ce chiffre ne décrit pas toutes les bouteilles ni toutes les eaux.

Il n’existe pas, sur la base de ce seul résultat, de classement universel disant que l’eau du robinet contient toujours moins de microplastiques que l’eau en bouteille. Pour comparer honnêtement les deux, il faudrait prélever des eaux comparables, mesurer les mêmes tailles avec la même méthode et tenir compte de l’origine de l’eau ainsi que des étapes de traitement et d’emballage. Les résultats des études actuelles ne satisfont pas toujours ces conditions.

Si l’eau du robinet de votre région est déclarée potable par les autorités compétentes, choisir une gourde réutilisable peut être un moyen pratique de réduire les bouteilles jetables. Le chiffre de l’étude Qian ne permet pas de promettre qu’un type d’eau protège la santé davantage qu’un autre. Pour poursuivre la lecture, consultez nos articles sur l’eau et l’environnement.

Comment limiter son exposition aux microplastiques au quotidien ?

 

Il n’est pas réaliste de supprimer toute exposition. Quelques gestes peuvent néanmoins réduire le contact inutile avec le plastique et, dans certains cas, les rejets de fibres dans l’environnement :

  • Conserver et réchauffer les aliments avec soin. Utilisez des contenants adaptés à l’usage prévu et respectez leurs consignes. Pour réchauffer un repas, le verre ou la céramique adaptés au four à micro-ondes sont des options pratiques lorsque vous en disposez. Ne chauffez pas un emballage à usage unique s’il n’est pas prévu pour cela.
  • Choisir des contenants durables. Une gourde réutilisable et des bocaux en verre ou récipients en acier inoxydable adaptés peuvent remplacer certains plastiques jetables. Le meilleur choix dépend aussi de la sécurité alimentaire, de la facilité de nettoyage et de la durée d’utilisation.
  • Laver les textiles synthétiques avec attention. Suivez les étiquettes, évitez les lavages inutilement chauds et privilégiez, quand le textile le permet, une température plus basse. Remplissez raisonnablement la machine pour limiter les frottements excessifs. Un sac de lavage conçu pour retenir les fibres ou un filtre compatible avec la machine peut aider à capter une partie des fibres ; son efficacité dépend du modèle et de son entretien. Jetez les fibres récupérées avec les déchets résiduels, pas dans l’évier.
  • Gérer la poussière intérieure. Un nettoyage régulier avec un chiffon humide ou un aspirateur adapté peut limiter la remise en suspension de poussières. Aérer le logement selon les conditions locales contribue aussi au confort intérieur, sans garantir une baisse mesurable de l’exposition individuelle aux microplastiques.
  • Éviter le plastique jetable quand il n’apporte rien. Réutiliser un objet durable et limiter les emballages superflus peut réduire les déchets et certaines occasions de contact, sans constituer un traitement médical.

Ces gestes sont des choix de prudence et de réduction des déchets. Aucune de ces mesures ne permet de promettre une quantité précise de microplastiques en moins dans le corps.

Questions fréquentes

Les microplastiques sont-ils présents dans le corps humain ?

Des équipes ont détecté des particules ou des polymères plastiques dans certains échantillons humains, notamment le sang et les tissus pulmonaires. Cela ne signifie pas que chaque personne présente la même exposition ni que la détection prouve une maladie.

Les microplastiques sont-ils dangereux pour la santé ?

Leurs effets potentiels sont étudiés. Les travaux sur des échantillons humains attestent certaines présences, mais ne permettent pas encore d’établir, à eux seuls, un risque individuel ou une relation de cause à effet pour une maladie donnée.

L’eau en bouteille contient-elle plus de microplastiques que l’eau du robinet ?

L’étude Qian a mesuré en moyenne environ 240 000 particules par litre dans les bouteilles étudiées. Elle n’a pas comparé directement ces échantillons à l’eau du robinet avec le même protocole ; on ne peut donc pas généraliser ce résultat à toutes les eaux.

Quelle différence entre microplastiques et nanoplastiques ?

Les premiers mesurent généralement moins de 5 millimètres. Les seconds sont beaucoup plus petits, mais leur seuil exact dépend des définitions utilisées. Leur petite taille demande des techniques de mesure spécifiques.

Un filtre domestique élimine-t-il tous les microplastiques ?

On ne peut pas l’affirmer pour tous les filtres. L’efficacité dépend du dispositif, de la taille des particules et de son entretien. Une promesse chiffrée devrait s’appuyer sur des essais pertinents pour le produit et les particules concernés.

L’approche de Good Nature Vibe

Good Nature Vibe privilégie des informations claires, des chiffres replacés dans leur contexte et des gestes applicables sans dramatiser. Lorsque les méthodes ou les résultats ne permettent pas une conclusion ferme, nous le signalons. Comprendre les matériaux et les sources d’exposition aide à faire des choix éclairés, sans attribuer à un produit des effets sur la santé qui n’ont pas été démontrés.

Conclusion

Les microplastiques peuvent provenir de l’eau, des aliments, de l’air et de l’usure d’objets courants. Des études en ont détecté dans certains échantillons humains, mais les conséquences d’une exposition prolongée restent à préciser. Les gestes les plus utiles aujourd’hui consistent à éviter des usages plastiques superflus, à utiliser correctement les contenants alimentaires et à limiter les rejets de fibres textiles. Pour approfondir le sujet, consultez les articles sur les toxines et les influences environnementales de Good Nature Vibe.